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Troubles spécifiques du langage et des apprentissages
Les troubles « dys » sont des troubles du neurodéveloppement qui touchent une fonction précise : lire, écrire, compter, coordonner ses gestes ou parler. Ils sont durables et ne s'expliquent ni par une déficience intellectuelle, ni par un problème de vue ou d'audition, ni par un manque d'enseignement ou de travail. Ils sont souvent associés entre eux, ou à un TDAH. On ne les fait pas disparaître, mais la rééducation, les aménagements et les outils de compensation permettent à l'enfant d'apprendre et de montrer ce qu'il sait.
Quelques repères
- Dans le monde, le trouble spécifique des apprentissages (lecture, expression écrite, calcul) concerne 5 à 15 % des enfants d'âge scolaire, selon les langues et les pays (DSM-5-TR).
- Dyslexie : environ 7 % des enfants d'école primaire, avec à peu près deux fois plus de garçons que de filles (méta-analyse internationale, Yang et coll., 2022).
- Dyscalculie : de 3 à 6 % des élèves, selon les études menées en population scolaire (Shalev et coll., 2000).
- Trouble développemental de la coordination (dyspraxie) : 5 à 6 % des enfants de 5 à 11 ans (DSM-5-TR). Avec un seuil plus strict, les études trouvent de 1,8 à 5,4 % des enfants d'âge scolaire (Inserm, 2019).
- Trouble développemental du langage (dysphasie) : environ 7,6 % des enfants à l'entrée à l'école dans une grande étude anglaise, soit à peu près 2 élèves par classe de 30 (Norbury et coll., 2016). Il n'existe pas d'estimation mondiale unique.
- En France, les troubles dys concernent 5 à 7 % des enfants d'âge scolaire. Beaucoup plus d'enfants, 15 à 20 %, rencontrent des difficultés d'apprentissage : elles ne sont pas toutes des troubles dys (Inserm).
- Il n'existe pas de chiffre national récent pour chaque trouble : l'Inserm ne recensait aucune étude épidémiologique française sur la dyscalculie en 2007, ni sur le trouble développemental de la coordination en 2019.
- Au Canada, 6,8 % des enfants et des jeunes avaient reçu un diagnostic de difficulté ou de trouble d'apprentissage en 2023 selon leurs parents : 8,1 % des garçons et 5,5 % des filles (Agence de la santé publique du Canada). Cette catégorie est plus large que les seuls troubles dys.
- Dans près de 4 cas sur 10, un enfant qui a un trouble dys en a plusieurs (Inserm).
Un mot, plusieurs troubles
Dyslexie
Trouble de l'apprentissage de la lecture : déchiffrer les mots reste lent, coûteux et source d'erreurs, ce qui gêne la compréhension.
Dysorthographie
Trouble de l'orthographe, très souvent associé à la dyslexie : erreurs nombreuses et durables, même sur des mots connus.
Dyscalculie
Trouble du calcul et du sens du nombre : quantités, faits numériques (tables), techniques opératoires, résolution de problèmes.
Dyspraxie ou TDC (trouble développemental de la coordination)
Difficulté à planifier et à automatiser les gestes : s'habiller, utiliser des outils, écrire (la dysgraphie en découle souvent), faire du sport.
Dysphasie ou TDL (trouble développemental du langage)
Trouble durable du langage oral : comprendre, trouver ses mots, construire des phrases, parfois prononcer.
Les signes, selon l’âge
Un signe isolé ne veut rien dire : tous les enfants en montrent certains. Ce qui compte, c’est l’ensemble, la durée, et la gêne au quotidien.
- Parle tard, se fait peu comprendre, phrases très courtes après 4 ans.
- Difficulté à jouer avec les sons : rimes, syllabes.
- Maladresse marquée : habillage, puzzles, découpage, dessin.
- Difficulté à dénombrer de petites quantités.
- Lecture lente, hachée, qui ne s'automatise pas malgré l'entraînement.
- Nombreuses erreurs en dictée, même sur des mots appris.
- Écriture lente, fatigante, peu lisible.
- Tables et calculs qui ne se mémorisent pas ; confusions dans l'écriture des nombres.
- Grande fatigue ; écart net entre l'oral, réussi, et l'écrit, en difficulté.
- Évite la lecture, passe beaucoup de temps sur les devoirs.
- Prise de notes difficile, copies peu lisibles.
- Apprentissage des langues étrangères très coûteux.
- Découragement et baisse de l'estime de soi si le trouble n'est pas reconnu.
- Stratégies de contournement qui masquent parfois le trouble.
Des forces à voir, et à nourrir
Chaque enfant est différent : ce sont des pistes, pas des étiquettes.
- Raisonnement et compréhension à l'oral.
- Créativité, pensée visuelle.
- Persévérance : l'enfant fournit souvent bien plus d'efforts que les autres.
- Aisance à l'oral et sens du contact.
- Ingéniosité pour inventer ses propres stratégies.
Comment aider
- Lire avec lui ou pour lui, et proposer des livres audio pour garder le plaisir des histoires.
- Réduire la quantité d'écrit plutôt qu'ajouter des exercices.
- Utiliser des supports adaptés : texte aéré, gros caractères, syllabes en couleur.
- Manipuler pour comprendre les nombres : jetons, cubes, bases 10.
- Valoriser ce qui réussit ; rappeler que le trouble n'est pas de la paresse.
- Donner les consignes à l'oral et à l'écrit ; lire les énoncés.
- Temps majoré ou exercices réduits.
- Ne pas pénaliser l'orthographe en dehors des exercices qui l'évaluent.
- Photocopies aérées, cours fournis, ordinateur ou dictée vocale.
- Formaliser ces aménagements dans un PAP, ou un PPS avec la MDPH.
- Orthophoniste : langage oral, lecture, orthographe, calcul (remboursé sur prescription médicale).
- Psychomotricien ou ergothérapeute : gestes, écriture, apprentissage du clavier.
- Neuropsychologue ou psychologue : profil cognitif global.
- Orthoptiste si des troubles visuels sont suspectés.
- Centre de référence des troubles du langage et des apprentissages (CRTLA) pour les situations complexes.
Idées reçues : vrai ou faux ?
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Le parcours, où que vous soyez
- Je repère des signes. Mon enfant est gêné dans son quotidien, à la maison ou à l'école. Parfois, ce sont d'autres personnes qui me le signalent : l'enseignant, la famille, un éducateur. Je me renseigne.
- J'en parle à un professionnel. Je consulte mon médecin traitant ou un professionnel de santé pour entamer le parcours. Je choisis le secteur public, privé ou associatif, selon ce qui existe dans mon pays.
- Je démarre les bilans différentiels. Les praticiens explorent toutes les pistes qui peuvent expliquer ce que vit l'enfant, et font les bilans qui répondent à ce qui alerte.
- Je reçois les comptes rendus. Chaque compte rendu m'est expliqué en rendez-vous, avec des mots simples. J'ai maintenant des comptes rendus à disposition, des premières pistes et des réponses.On peut s’arrêter ici.
- Si besoin, je fais valider le diagnostic médicalement. Pour aller plus loin, je consulte un médecin qui s'appuie sur l'ensemble des comptes rendus et valide le diagnostic. C'est seulement à cette étape qu'on parle de diagnostic médical.
- Je poursuis la prise en charge. Le suivi continue autant que nécessaire, dans les domaines concernés, avec des objectifs revus régulièrement avec l'enfant et sa famille.
Où que vous soyez dans le monde, Helpi vous accompagne jusqu'aux comptes rendus. Il ne vous reste qu'à tout valider médicalement et localement, dans votre zone géographique.
Des outils Helpi pour le quotidien
Gratuits, sans compte, à utiliser à la maison, en classe ou en séance.
- Lecteur adapté et générateur d'adaptationColler un texte, cocher un profil (DYS, TDAH, lecteur débutant, déficience visuelle…) : il s'adapte automatiquement, puis se lit, se surligne et s'imprime.Ouvrir l’outil →
- Je dicte : écrire avec la voixL'enfant parle, le texte s'écrit : pour raconter, répondre, rédiger sans le frein du geste d'écriture.Ouvrir l’outil →
- Système décimal : unités, dizaines, centaines, milliersJe compte, inspiré de la méthode de Singapour : manipuler des cubes ou des billes pour visualiser unités, dizaines et centaines pendant les exercices de maths.Ouvrir l’outil →
- Poser les opérationsAdditions, soustractions et multiplications posées en colonnes, avec les cases de retenue et la vérification chiffre par chiffre.Ouvrir l’outil →
Ces informations aident à comprendre ; elles ne remplacent ni un diagnostic ni l’avis d’un professionnel qui connaît l’enfant.
Sources
Helpi s’appuie en priorité sur les sources et les études canadiennes et anglophones, parmi les plus avancées et les plus à jour sur les troubles du neurodéveloppement.
- Inserm : dossier Troubles spécifiques des apprentissages (2019)
- Inserm : Dyslexie, dysorthographie, dyscalculie, bilan des données scientifiques, expertise collective (2007)
- Inserm : Trouble développemental de la coordination ou dyspraxie, synthèse de l'expertise collective (2019)
- Yang et coll. : prévalence de la dyslexie développementale chez les enfants d'école primaire, méta-analyse (Brain Sciences, 2022)
- Shalev et coll. : dyscalculie développementale, prévalence et pronostic (European Child & Adolescent Psychiatry, 2000)
- Norbury et coll. : prévalence du trouble du langage à l'entrée à l'école, étude en population en Angleterre (Journal of Child Psychology and Psychiatry, 2016)
- Agence de la santé publique du Canada : Problèmes de santé de longue durée pendant l'enfance, prévalence (Enquête canadienne sur la santé des enfants et des jeunes, 2019 et 2023)
- Association américaine de psychiatrie : DSM-5-TR (2022)
Mon cerveau à moi
Ton cerveau a du mal avec une chose précise : lire, écrire, compter, faire certains gestes ou trouver tes mots. Ça s'appelle un trouble dys. Ça ne veut pas dire que tu comprends moins bien. Ça veut dire que tu apprends autrement.
Dans ma tête, c’est comme…
Dans ma tête, lire, c'est comme courir avec un sac à dos très lourd. J'y arrive, mais ça me fatigue beaucoup plus que les autres.
Ce que je ressens parfois
- Les lettres ou les chiffres me demandent beaucoup d'efforts.
- Je connais la réponse, mais l'écrire, c'est difficile.
- Lire à voix haute devant la classe me fait peur.
- Le soir, mon cerveau a besoin de repos.
- Parfois, je crois que je n'y arriverai jamais. Ce n'est pas vrai.
Mes super-pouvoirs
- J'ai plein d'idées à l'oral.
- J'ai beaucoup d'imagination.
- Je trouve mes propres astuces.
- Je ne lâche pas.
Mes astuces
- J'écoute des livres audio.
- Je peux dicter à l'ordinateur au lieu d'écrire.
- Je lis des textes avec de grosses lettres et des couleurs.
- Je compte avec des objets que je touche.
- Je demande qu'on me lise la consigne.
À qui en parler ?
Tu peux en parler à tes parents, à ton enseignant, à ton orthophoniste. Tu as le droit de dire : « J'ai besoin de plus de temps. »
